Annulation de la halte soins addictions de Marseille – Communiqué de Fédération Addiction

La Provence a appris hier, mercredi 17 janvier, que « l’État a émis un avis défavorable au projet » d’ouverture d’une halte soins addictions (HSA) au 110, boulevard de la Libération à Marseille. Une décision surprenante qui revient sur un projet pourtant validé en octobre 2023 par toutes les instances (dont les représentants de l’État…) et qui aura des conséquences non seulement sur la santé des personnes consommatrices de drogues à Marseille mais également sur la sécurité des quartiers concernés. En effet, les HSA ont un effet positif prouvé sur la tranquillité publique.

Les haltes soins addictions (HSA, anciennement « salles de consommation à moindre risque ») sont un dispositif de santé publique inscrit dans la loi depuis 2016. Elles doivent permettre aux personnes consommant des drogues dans la rue, un public souvent très précaire, de consommer dans un espace plus sécure, afin non seulement de limiter les risques pour leur santé mais également de réduire les nuisances des consommations de rue pour les quartiers concernés. 

Un projet pourtant déjà validé par l’ensemble des parties prenantes… 

Le projet de HSA de Marseille a fait l’objet d’un travail de plus de deux années avec l’ensemble des autorités en charge de la question (préfecture des Bouches-du-Rhône, agence régionale de santé de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ville de Marseille, tribunal judiciaire de Marseille et Assistance publique-Hôpitaux de Marseille) et les associations et professionnels concernés. Il a abouti en octobre 2023 à un projet prévoyant l’implantation de ce dispositif au 110 boulevard de la Libération (4e arrondissement).

Le revirement, selon La Provence, des ministères de la Santé, de l’Intérieur et de la Justice malgré le travail effectué et l’avancée du projet est un coup dur porté aux équipes des professionnels de terrain qui se sont engagés sur cette question et qui sont prêts à l’ouverture de la HSA dans les prochains mois : le recrutement d’équipe était en cours, le projet architectural est finalisé et les travaux prêts à démarrer dès janvier. Cette décision aura des conséquences non seulement sur la santé des consommateurs de rue — qui n’auront d’autre choix que de continuer à consommer dans l’espace public, avec tous les risques que cela suppose — mais également pour la tranquillité des riverains.

En effet, les HSA ont fait l’objet d’une évaluation rigoureuse et indépendante : si, sur le plan sanitaire, les résultats montrent que leurs usagers sont moins susceptibles que les usagers de drogues qui ne les fréquentent pas de déclarer des pratiques à risque d’infection (VIH, hépatite C), d’avoir des abcès, d’avoir une surdose ou encore de devoir aller aux urgences, les HSA ont également un effet positif sur la tranquillité publique. Non seulement les consommateurs de drogues qui fréquentent la HSA sont moins susceptibles de consommer dans l’espace public mais ils commettent en moyenne moins de délits. Par ailleurs, l’étude des traces de consommation (seringues, emballages de médicaments, etc.) autour de la HSA de Paris a mis en évidence une diminution significative des seringues abandonnées dans l’espace public : leur nombre a été divisé par 3 depuis l’ouverture de la salle.